" On ne pratique pas le culte poussiéreux du respect à Mosset. On prend un opéra et on en fait parfois du Bruegel, parfois de l'opérette, parfois de la bande dessinée quand ce n'est pas de la satire sociale inspirée de l'actualité. Il y a tout cela et bien d'autres choses encore dans ce spectacle à nul autre pareil... Qu'on ne s'y trompe pas. L'opéra ne disparaît pas sous les inventions de la mise en scène et les libertés prises avec lui. La musique est bien là, même si Pierre Noack a dû l'adapter à un petit ensemble de cuivres, cordes et percussions et a appelé d'autres compositeurs en renfort. Les voix de Caroline Cartens (craquante et talentueuse Juliette), de Bassem Alkhouri (imposant et tendre Roméo), du Perpignanais Ludovic Provost (excellent Mercutio moulé de cuir), de Menno van Sloten (facétieux frère Laurent), de Florence Guillemat Szarvas (convaincante Rosaline punk), de Gerda van Zelm (amusante Gertrude) et de Lars Terray (étonnant Capulet) ont défié la tramontane avec des bonheurs inégaux pour nous emporter dans l'éternelle tragédie des jeunes amants de Vérone narrée par l'extraordinaire récitant qu'est Robert Eek. "

Bernard Revel ( La semaine du Roussillon , 29 juillet 2010)