Double vision d'Orphée aux Rois de Majorque avec l'Opéra Mosset

 

Délocalisé à Perpignan, le temps d'une représentation, au Palais des Rois de Majorque, ce nouveau spectacle proposé par toute l'équipe d'Opéra Mosset a remporté un succès fou vendredi soir. Quelque 1 300 personnes ont été sous le charme.

 

[...] cette double vision sur le fils du roi de Thrace Oeagre et de la muse Calliope a été amplement et brillamment servie, vendredi soir sur la scène du Palais des rois de Majorque, lieu de prestige s'il en est. Signé à la fois par C.W. Glück et J. Offenbach, ce spectacle à deux faces -première partie, magnifique et grave sous la plume de Glück ; seconde partie plus enlevée, plus joyeuse : la fantaisie à l'état pur selon Offenbach- a séduit environ 1300 personnes dont 200 à 300 assises sur la pelouse, faute de place sur les gradins ! "

 

V. Pons ( l'Indépendant , 3 août 2009)

 

 

On vous suit !

Bien sûr, c'était gagné d'avance, tant le public leur est acquis ! Mais ce n'est pas pour autant que les Mossétans ont sombré dans la facilité et c'est avec toujours la même exigence que, le même enthousiasme et la même réussite que cet improbable Opéra des Montagnes nous a fait suivre Orphée pas à pas.

Donnée dans la charmante église du village, la version de Gluck collait parfaitement au caractère intimiste du lieu et l'intense émotion qui se dégage de l'œuvre bien que submergeant les spectateurs ne les a pas empêché d'apprécier individuellement chaque soliste et de vibrer avec le chœur. Une mise en scène sobre et juste, des costumes superbes, une direction précise et, une fois de plus, le tour était joué !

Après l'entracte c'était une autre gageure à tenir... Offenbach envahissant ce même lieu ! Mais c'est à croire que nos amis se complaisent dans la difficulté et c'est avec leur brio habituel qu'ils surent renverser l'atmosphère, faire oublier l'exigüité de l'endroit qui n'entrava en rien le mouvement inhérent aux œuvres de ce compositeur et entrainer tout le public de l'église dans leur tourbillon... endiablé !

Là encore il faut souligner la part prépondérante du chœur dans l'élan que depuis le début de cette aventure, avec le Barbier de Séville, il donne à chaque spectacle. Progressant techniquement chaque année davantage sans jamais n'avoir rien perdu de son énergie il est, je te redis sans cesse, le reflet de la population d'un village toute entière engagée dans cette utopie fédératrice qui est de rendre l'opéra à un public populaire tout en ravissant les spectateurs les plus avertis.

Ainsi poussés et soutenus les solistes s'en donnèrent à cœur joie en comédiens accomplis qu'ils sont autant qu'excellents chanteurs. Bravo à tous, un grand merci sans oublier les musiciens : pianiste, flutiste et violoniste, répétiteurs et chef d'orchestre, pour cette très belle soirée.

Quant à l'Opinion Publique, plaisamment incarnée dans l'Orphée d'Offenbach, que nos amis d'Opéra Mosset en soient bien persuadés, elle leur sera toujours favorable et ils peuvent sans crainte compter sur leur public pour la prochaine aventure : Roméo et Juliette en 2010. Continuez à aller de l'avant, ne vous retournez pas : on vous suit ! "

Pierre Dufrêne (12 août 2009)

 

" Opéra Mosset au Palais des rois de Majorque à Perpignan relevait un double pari. Le pari de mettre en comparaison Glûck et Offenbach sur le thème d'Orphée, qui était une bonne idée, et celui de se "délocaliser" à Perpignan au Palais des rois de Majorque, ce qui n'est peut-être pas à renouveler.

Les chanteurs professionnels ont assuré dans des registres différents une prestation d'une grande qualité, et les chœurs d'amateurs de Mosset, ont su trouver la note juste pour les accompagner. Cela a donné un spectacle agréable, où l'attention est sans cesse retenue dans l'attente d'un couplet connu, d'une reprise de chœur à  belle envolée . Le spectacle proposé est un excellent travail de découverte de l'opéra pour des personnes qui n'ont approché cet art que de très loin, ou qui ont toujours eu un mouvement de recul face à une activité artistique qui demande un effort au spectateur. J'ai préféré la première partie (Glûck) à  la seconde (Offenbach), mais je dois dire que la fin enjouée d'un french cancan endiablé ne laisse pas indifférent. Une large palette de l'art lyrique offerte ainsi aux oreilles de spectateurs conquis et aux yeux d'admirateurs conscients du travail réalisé pour que bénévoles et professionnels soient à  l'unisson. 

Mais il manquait cette magie qui nous avait transporté l'an dernier à Mosset. Est-ce le lieu ? Sûrement. La simplicité des décors ? Je ne le pense pas. Toujours est-il qu'il semblait difficile d'atteindre le niveau du spectacle de l'an dernier, et notre exigence est aujourd'hui telle, que nous demandons aussi bien sinon plus et mieux encore. Les organisateurs et acteurs en avaient d'ailleurs conscience qui avaient présenté cette année comme une année de transition. Alors nous brûlons d'impatience de venir l'été prochain à Mosset, pour retrouver la magie de l'enthousiasme amateur et du professionnalisme accompli des artistes bénévoles et de métier qui ont su donner un label à Opéra Mosset. Cette prestation a su maintenir le souffle et l'esprit d'Opéra Mosset qui est aujourd'hui une référence parmi toutes les manifestations que l'été offre à nos yeux, à  nos oreilles, et à notre esprit. "

Michel Cavallier , après le spectacle Orphée et Orphée au Palais des rois de Majorque (9 août 2009)